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Only lovers left alive

Des hipsters à qui on pardonne volontiers les lunettes de soleil la nuit et la folie Apple…

"Life is about appreciating nature, surviving things, nurturing friendship, kindness and dancing"

Lucy

Tout ce que j’avais pu lire sur le nouveau film de Luc Besson n’incitait pas à se ruer dans les salles de cinéma. Pourtant, malgré toutes les critiques, quelque chose me poussait à me faire ma propre idée.

Le trailer je pense.

Pas pour l’histoire ou les scènes d’action.

Mais plus pour Scarlett Johansson, qui avec son air tour à tour perdu et déterminé, rappelle un peu l’héroïne du Cinquième Element.

Je suis donc allée voir ce film sans grandes attentes, pour limiter la déception. Et je suis sortie pas si déçue que ça.

Alors, oui, ce n’est pas le plus grand film de Besson, loin s’en faut. Ni le meilleur de Scarlett non plus. Mais tout de même, il a des qualités suffisantes pour passer un bon moment.

Petite revue des critiques faites à ce film :

* le mythe de l’utilisation incomplète de notre cerveau comme base du scénario : l’idée principale du film est de dire que l’humain n’utilise que 10% des capacités de son cerveau et que si l’on était capable d’augmenter ce pourcentage, nous aurions des super-pouvoirs comme c’est le cas pour Lucy, qui se transforme en quasi-déesse quand elle parvient à 100%. Pour autant, ce n’est pas la première fois qu’un film repose sur un postulat scientifiquement faux, et j’irai même jusqu’à dire : n’est-ce pas une condition nécessaire au film de science fiction ? Pour ma part, je pardonne assez volontiers au réalisateur d’avoir choisi un mythe déjà exploité par d’autres fictions.

* l’âge de l’actrice : comme les Inrocks le souligne, Scarlett Johansson est un peu vieille pour endosser le rôle d’une étudiante. Certes, mais son statut de jeune étudiante est tout à fait secondaire dans l’histoire. Elle aurait pu être caissière que ça n’aurait pas changé grand chose au déroulement des événements en vérité… De plus, sans Scarlett (oui j’aime bien l’appeler par son petit nom), le film n’aurait pas été ce qu’il est.

* la philosophie de comptoir : effectivement, Lucy n’est pas un film d’auteur qui fait dans la subtilité et le non-dit. Mais si on le compare à des films d’action, le message n’est pas si grossier que ça. Finalement, c’est peut être ça le problème du film. Comme j’ai pu le lire ici, Lucy est assez difficile à classifier dans un genre particulier. Loin d’un film “intellectuel”, ce n’est pas non plus un film d’action traditionnel. Et les critiques sévères qu’il reçoit proviennent à mon avis du fait qu’il n’est pas comparé aux bons films. Inutile de le mettre en face du reste de la filmographie de Besson donc, il n’a rien à voir avec Le Grand Bleu ou Léon… Pour moi, c’est un film à mettre en regard avec Elysium ou Oblivion.

* les incohérences du scénario : là c’est vrai, c’est une critique difficile à contredire. Non seulement, les rebondissements sont quasi-inexistants, mais l’enchainement est un peu déroutant parfois. Personnellement, je n’ai toujours pas compris comment elle passe de la situation où elle est dans un taxi en direction pour l’aéroport avec la drogue dans son ventre à celle où elle est est rouée de coups dans une salle d’interrogatoire bétonnée… De même, elle tombe dans les griffes de la mafia coréenne… à Taipei. Je connais très mal la situation géopolitique de l’Asie, mais il me semble que Taïwan et la Corée sont deux Etats bien distincts. J’ai aussi tiqué sur le parallèle fait avec Lucy, le fossile d’australo-machin retrouvé par des scientifiques dans les années 70, qui est décrit dans le film comme “le premier humain” : euh non, le plus vieux squelette humain découvert peut être, mais pas le premier à avoir exister, faut pas déconner ! Bref.

* Bon, et puis les courses poursuites : on sentait que Besson devait en caser pour speeder un peu le truc mais honnêtement, quand tu penses que Lucy avait l’occasion de se débarrasser du méchant mafieux à peine à la moitié du film et qu’elle se contente de lui trouer les mains avec des couteaux, alors que tu sais pertinemment que le mec va pas lui lâcher la grappe comme ça, vu le paquet de fric qu’elle lui fait perdre, bon ! Tu te dis que si toi, avec tes supposés 10% de cerveau, t’as compris ça, elle aurait pu le voir venir un peu quand même…

Alors pourquoi il vaut quand même la peine d’aller le voir ce film, me direz-vous ???

* Pour le début : ouais, là où l’on sent le plus la patte de Luc Besson, c’est la première partie. La scène qui déclenche toute l’action est fabuleuse. Le moment où Lucy tombe dans les griffes de la mafia et que tout bascule est vraiment magique. Pas spécialement subtil, mais beau. La scène où Lucy se fait emmenée de force dans un ascenseur par les mafieux est entrecoupée par des images d’un documentaire animalier où une bande de léopards s’attaquent à une antilope sans défense. Le parallèle est plus qu’explicite mais ça fait de l’effet. Un peu plus subtil peut-être (j’ai dit un peu…) la tenue de Scarlett à ce moment qui porte un haut léopard (tiens tiens), préfiguration du renversement des rôles à l’issue du film ?

* Pour le jeu de Johansson : oui parce que Scarlett de son petit nom, c’est une sacrée actrice. Et cet air hébété qu’elle prend dès que ses capacités cérébrales commencent à augmenter jusqu’à la fin est absolument génial. S’il y a une image pour représenter l’accès au savoir, la transmission de la connaissance, c’est bien le visage de l’actrice dans ce film. Je parie que nombre de profs paierait cher pour que leurs étudiants prennent cet air en écoutant leur cours.

* La conclusion : “La vie nous a été donné il y a quelques millions d’années. Maintenant, vous savez quoi en faire” (citation approximative). Moi j’ai trouvé que ça claquait quand même. D’autant que je suis assez sensible aux fictions qui prônent la transmission du savoir et de la connaissance comme clé de l’existence. Affaire de goût.

* La phrase : “La connaissance n’a jamais provoqué le chaos. C’est l’ignorance qui mène au chaos” prononcé par Morgan Freeman. Là encore, appelez moi gnangnan mais moi, je trouve que c’est classe.

Donc pas le film de l’année, certes, mais à voir pour son côté inclassable, pour l’actrice et pour le message “Scientia potentia est”.

Et pour finir, une critique vu sur Allociné qui m’a fait bien rire même si c’est plus que réducteur : Lucy, “c’est l’histoire d’une fille qui devient tellement intelligente qu’elle se transforme en clé USB”.

alabama monroe

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Le chagrin salit tout.

Sur fond de bluegrass, une tragique réflexion sur l’absurdité et l’injustice que représente la mort d’un enfant.

her

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"Hi. I’m Samantha"

Cette voix. La voix si singulière de Scarlett Johansson qui porte ce personnage si particulier qu’est Samantha.

Une intelligence artificielle. Un programme doué de conscience. Qui évolue, qui ressent, qui apprend, qui crée… et qui aime. 

C’est donc ça le futur selon Spike Jones. Un monde où tout a évolué… sauf la mode, qui s’est apparemment arrêtée dans les années 80. Un monde ultra-connecté. Où chacun est entouré de technologie. Et où les hommes sont plus seuls que jamais. Où l’ont n’écrit pas ses lettres d’amour soit même. Où l’on parle à son personnage de jeu vidéo, son téléphone, son ordinateur… mais où la famille n’existe pas. Où les couples se séparent pour un rien.

Alors, pour se sentir moins seul, on prend un OS. Une voix sur un ordinateur qui devient une présence au quotidien. Une entité qui apprend à être et à communiquer en même temps que vous. Une relation se crée.

Est-ce une vraie relation ? Est-ce une personne ? Une conscience sans corps ?

On pourrait classer ce film comme science-fiction… Et pourtant, on ne peut s’empêcher de penser que ça pourrait être un futur proche.